Mon patrimoine

Héritage: Faut-il accepter à n'importe quel prix ?

1608556645
La plupart des successions se règlent heureusement sans conflit. Dans certaines situations, il vaut mieux passer par la case tribunal s'il y a un doute sur l'honnêteté d'un des héritiers ou sur la validité du testament du défunt. Stéphanie SWIKLINSKI, diplomée notaire, nous met en garde sur certaines situations.
Est-on obligé d'accepter une succession ?

De l'argent vous tombe du ciel et vous pourriez refuser ? C'est possible car hériter n'est pas forcément une aubaine. Le principe est que "nul n'est tenu d'accepter une succession." En tant qu'héritier, plusieurs options s'offrent à vous :

- accepter purement et simplement la succession,

- renoncer à la succession,

- ou l'accepter sous bénéfice d'inventaire.

Vous avez au minimum 4 mois pour vous décider à compter de l'ouverture de la succession. Au-delà du délai de prescription de 10 ans, vous êtes considéré comme ayant renoncé à la succession. Pour renoncer à une succession, nul besoin de se justifier. Il faut juste envoyer une déclaration de renonciation au Tribunal de Grande Instance du lieu d'ouverture de la succession ou le faire devant votre notaire. Selon les relations entretenues avec la personne décédée, certains préfèrent renoncer à la succession par exemple. Dans ce cas, ce n'est pas une question d'argent mais plutôt une affaire de principe. Il est également possible d'accepter la succession mais à concurrence de l'actif net successoral. Si vous craignez que le passif soit largement supérieur à l'actif : c'est une sage précaution ! Pour ce faire, une déclaration au greffe du TGI ainsi qu'un inventaire notarié des biens du défunt sont les 2 formalités à accomplir.

 

Peut-on contester un testament ?

Même si le défunt a toute la liberté de rédiger ses dernières volontés à sa guise, les héritiers conservent la faculté de contester le testament et de s'opposer même à son exécution. Le testateur doit en effet être sain d'esprit au moment de la rédaction de son testament. C'est une des conditions essentielles de la validité d'un testament, que celui-ci soit olographe ou authentique. S'il y a un doute, la preuve de l'insanité d'esprit devra être rapportée par l'héritier ou les héritiers contestataires. Plusieurs éléments pourront appuyer cette demande en nullité : témoignages, dossier médical, incohérences dans le corps du texte du testament... Ces éléments sont parfois difficiles à rassembler. Un testament olographe (écrit de la main du testateur) sera plus facilement contestable qu'un testament authentique (notarié). En effet, ce dernier devant être rédigé en présence de deux notaires ou un notaire et deux témoins, il paraît difficilement contestable. Mais c'est toujours possible !

 

Qu'est-ce que le recel successoral ?

Le recel successoral ne doit pas être confondu avec la notion de "captation d'héritage". Cette dernière se traduit par des manoeuvres frauduleuses de la part d'un tiers non héritier - cela peut être un voisin mal intentionné, un ami qui ne vous veut pas que du bien - en vue de profiter de la vulnérabilité de la personne (en raison de son âge, de sa maladie ou autre) pour s'approprier une partie des biens de la future succession.
Le recel, quant à lui, suppose la réunion de deux éléments :

- un élément matériel comme la dissimulation ou la falsification d'un testament olographe par exemple,

- et un élément intentionnel, c'est-à-dire la volonté de priver les autres héritiers d'une partie de ce qui leur revient.

Si l'un des héritiers en soupçonne un autre de recel, il devra évidemment en apporter la preuve. En cas de doute, il est conseillé de demander à votre notaire, à l'ouverture de la succession, de procéder à un inventaire. Si toutes les preuves sont réunies, le receleur pourra ainsi être privé de son option successorale et des biens détournés. Il devra en plus verser des dommages-intérêts aux autres héritiers. Dans les cas les plus graves, il pourrait être condamné pour vol, escroquerie...

 

Stéphanie Swiklinski

Dernière modification le 21/12/2020

Informations juridiques

  • 9379_1770890800407

    Immobilier neuf : pourquoi acheter ou investir dans le neuf en 2026 ?

    Acheteur ou investisseur, l'immobilier neuf continue de séduire de nombreux particuliers. Entre exigences énergétiques renforcées, recherche de confort et sécurisation du patrimoine, l'achat d'un logement neuf répond à des attentes très actuelles. Résidence principale ou investissement locatif : le neuf présente des atouts concrets pour bâtir un projet immobilier durable et lisible.
    Lire la suite
  • 9378_1770890449541

    Achat en viager : payer son bien immobilier en plusieurs fois, sans crédit bancaire

    Acheter un logement autrement, même avec un budget contraint Face à la hausse continue des prix de l'immobilier et à des conditions de financement plus strictes, de nombreux particuliers recherchent des solutions alternatives pour devenir propriétaires. L'achat en viager s'inscrit pleinement dans cette dynamique.   Souvent mal connu, parfois entouré d'idées reçues, le viager permet pourtant d'acquérir un bien immobilier à un coût global inférieur à celui d'une vente classique, tout en évitant le recours à un prêt bancaire. Encadré par le notaire, ce mode d'acquisition repose sur des règles juridiques précises et offre un cadre sécurisé aux parties.
    Lire la suite
  • 9377_1770890235142

    SCI familiale : une solution efficace pour gérer et transmettre un bien immobilier en famille

    Acheter, gérer ou transmettre un bien immobilier à plusieurs membres d'une même famille peut rapidement devenir source de tensions, notamment lorsque le bien est détenu en indivision. Pour éviter les blocages et structurer la détention d'un patrimoine immobilier, de nombreux particuliers font le choix de la SCI familiale. Cette forme de société offre un cadre juridique clair, facilite la gestion au quotidien et permet d'anticiper la transmission d'un bien immobilier dans des conditions maîtrisées. Elle séduit notamment les familles qui souhaitent investir ensemble, acquérir une résidence secondaire ou préparer une succession.
    Lire la suite
Mentions légales